Bouygues Telecom, Iliad et Orange ont convenu d'acquérir SFR, filiale d'Altice France, pour 20,35 milliards d'euros, et de se répartir ses actifs et ses clients.
À l'issue de cette opération, Bouygues détiendrait la plus grande part. Si elle aboutit, la France passerait de quatre opérateurs mobiles à trois.
Conditions et calendrier de l'opération
Les parties ont signé samedi un protocole d’accord. La vente pourrait être finalisée au cours du second semestre 2027, sous réserve des autorisations réglementaires, et les parties ont précisé qu’il n’y avait aucune certitude quant à sa réalisation.
Selon l’offre indicative faite en avril, Bouygues paierait 42 % du prix convenu, tandis qu’Iliad et Orange paieraient respectivement 31 % et 27 %. Cette répartition pourrait encore évoluer d’ici la conclusion de la transaction, en fonction du nombre de clients.
Le consortium mène des négociations exclusives depuis la mi-avril. En octobre dernier, il avait fait une première offre de 17 milliards d’euros, qu’Altice avait rejetée. Le fondateur d’Altice, Patrick Drahi, avait auparavant déclaré qu’il espérait que la vente de SFR puisse être évaluée à environ 30 milliards d’euros, dette comprise.
Ce que chaque opérateur obtient
Bouygues devrait acquérir SFR Business et ses clients, une partie de la branche grand public de SFR, le réseau rural de Crozon, les infrastructures des services B2B fixes, la part de SFR dans le réseau de fibre optique Faber, ainsi qu’une partie de son réseau de boutiques. Benoît Torloting, PDG de Bouygues Telecom, a déclaré que cette opération permettrait à l’entreprise de devenir le deuxième opérateur de télécommunications en France.
Iliad devrait reprendre la marque Red de SFR, qui compte 6 millions de clients, une partie de l’activité grand public de SFR comprenant 1,6 million d’abonnés et 400 000 clients PME, ainsi que 50 MHz de spectre répartis sur plusieurs bandes de fréquences. Cette acquisition porterait la base de clients d’Iliad à près de 31 millions.
Orange gagnera 4,9 millions de clients issus d’une partie des activités grand public de SFR, ainsi que les opérateurs mobiles virtuels (MVNO) Régio, Syma et Coriolis.
Pressions sociales et réglementaires
Les membres du consortium se sont engagés à maintenir l’emploi de l’ensemble du personnel de SFR jusqu’au début de l’année 2029 et à dialoguer avec les instances représentatives du personnel tout au long du processus.
L’analyste Kester Mann, de CCS Insight, a déclaré que cette opération pourrait constituer le plus grand bouleversement du secteur français des télécommunications depuis l’arrivée d’Iliad en tant que quatrième opérateur mobile en 2012. Il a ajouté que les autorités de la concurrence représenteraient le principal défi et que le contexte réglementaire semblait plus favorable à la consolidation qu’il y a plusieurs années.
M. Mann a ajouté qu’un long examen réglementaire était probable, mais que l’accord avait de bonnes chances d’être approuvé.
Ce que cela signifie pour les opérateurs mobiles français
Si les autorités de régulation l’approuvent, cette opération ferait passer le marché français de la téléphonie mobile de quatre à trois opérateurs. Cela en ferait un test de référence pour les opérations de consolidation sur le marché européen, après la création de VodafoneThree au Royaume-Uni et de MasOrange en Espagne.