StarHub et M1 sont en discussions en vue d’une fusion à Singapour, tandis que 2degrees et OneNZ ont proposé de regrouper leurs réseaux radio en Nouvelle-Zélande.
Les deux opérateurs singapouriens partagent déjà du spectre 5G et le RAN via Antina, une société détenue conjointement. Cet accord a été imposé par les licences 5G de StarHub et M1, et StarHub indique que les négociations se poursuivent.
Les discussions à Singapour s’inscrivent dans une structure de partage déjà en place
Antina n’est pas un simple détail dans cette affaire. StarHub et M1 exploitent déjà un spectre 5G et un RAN partagés via cette société, si bien que les discussions sur une fusion prolongent un modèle opérationnel que les deux opérateurs utilisent déjà.
L’entité StarHub-M1 aurait une taille comparable à celle de Singtel, à la fois pour les abonnés mobile et broadband, et l’analyse laisse entendre qu’un accord ramènerait Singapour à trois opérateurs mobile. Singtel détiendrait 43% du marché mobile en juin, contre 22% pour M1, 21% pour StarHub et 14% pour Simba.
La proposition néo-zélandaise transférerait les actifs à un véhicule commun
En Nouvelle-Zélande, l’accord a été annoncé il y a un mois. Dans ce cadre, 2degrees et OneNZ apporteraient leurs actifs RAN à une entité détenue conjointement, qui gérerait et exploiterait l’infrastructure sur une base commerciale.
2degrees a indiqué que le regroupement des RAN permettrait d’investir plus efficacement dans l’extension de la couverture et l’augmentation des capacités. L’accord devrait obtenir l’aval de la Commerce Commission l’an prochain.
La propriété reste entre les mains de fonds d’investissement des deux côtés
2degrees appartient à Macquarie Asset Management et Aware Super, tandis que OneNZ appartient à Infratil. La combinaison proposée des réseaux se retrouve donc entre les mains de propriétaires d’infrastructures et d’investissement, plutôt qu’entre celles des marques d’exploitation elles-mêmes.
L’Australie et la Chine illustrent l’ampleur des accords de partage
En Australie, Optus et TPG Telecom ont conclu l’an dernier un partenariat sur le spectre et l’infrastructure dans les zones rurales. TPG Telecom a payé 1,6 milliard de dollars australiens, soit US$1,1 milliard, pour accéder aux tours mobile d’Optus, tout en autorisant Optus à utiliser une partie de son spectre, notamment les bandes 700MHz et 1800MHz.
L’accord 5G entre China Telecom et China Unicom repose sur une construction commune et un spectre partagé. L’infrastructure mutualisée représente désormais 1,5 million de stations de base, et l’accord revendique 56 milliards de dollars d’économies en capex.
Une lecture utile pour les opérateurs qui évaluent les modèles de partage de réseau
Les cas de Singapour et de la Nouvelle-Zélande offrent aux opérateurs un point de référence concret pour mesurer jusqu’où le partage peut aller avant de se transformer en changement structurel plus profond. Les conditions rendues publiques montrent aussi l’éventail des issues commerciales et réglementaires, du partage imposé par des conditions de licence à une entité d’exploitation détenue conjointement proposée.